JOUONS UN PEU

Publié le par David L'Epée

Ci-dessous deux petits textes. L’un a été écrit par une agence de presse (ATS-AFP) et est daté du 29 octobre de cette année, et l’autre est un extrait de "Globalia", roman de science-fiction de Jean-Christophe Rufin (Gallimard, 2004) qui imagine à quoi pourrait ressembler le monde dans l’avenir s’il poursuivait sur la voie libérale-libertaire. Le style vous permettra de distinguer facilement quel texte vient d’où, mais on ne peut pas en dire autant du contenu : la science-fiction, une fois de plus, et bien malheureusement, a comme un vilain arrière-goût d’actualité...

 

Texte I

« Le premier Salon du Divorce au monde a ouvert ses portes samedi à Vienne. [...] Installés dans un grand hôtel du centre de la capitale, une vingtaine d’exposants ont accueilli dès le premier jour près de trois cent personnes pour prodiguer des conseils aussi variés que l’emploi d’un détective privé, la vente du domicile commun ou l’aide psychologique aux enfants de couples divorcés, sans oublier l’organisation de la "fête du divorce", ou le choix d’une nouvelle coiffure pour redémarrer une nouvelle vie. [...] Près de la moitié (48,9%) des couples mariés ont divorcé en 2006 en Autriche, et à Vienne ce sont même deux couples sur trois (66%) selon le bureau officiel des statistiques Statistik Austria. »

 

Texte II

« Le mariage, en Globalia, était devenu une formalité rare et en général tardive. Son principe même heurtait l’idée fondamentale sur laquelle était construit tout l’édifice démocratique. Dans un monde où attenter à la liberté d’autrui était le péché suprême, la limitation des possibilités d’un individu – que la notion de mariage contenait explicitement – n’était guère acceptable. Seul le fait que cette amputation fût volontaire la rendait tolérable. Toutes les garanties étaient heureusement prises pour qu’un tel enchaînement fut réversible sans formalités. Le mariage était sévèrement encadré et ne pouvait résulter que de préalables administratifs assez longs ; le divorce, au contraire, était libre, immédiat et sans aucune condition. L’habitude avait été prise soit de ne rien célébrer, soit de saisir plutôt l’occasion de la séparation pour organiser des agapes. »

 

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