UN BEL EXEMPLE DE PARDON

Publié le par David L'Epée

Ci-dessous une nouvelle trouvée dans un journal cubain et qui aurait sans doute pu donner bien des idées à Michael Moore qui, dans son dernier film Sicko, vante la supériorité sociale du modèle de santé cubain sur le modèle nord-américain :

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« Retenez bien ce nom : Mario Terán. Demain personne ne s'en souviendra plus, comme cela s'est déjà produit il y a quarante ans après qu'il eut fait la une des médias. Mais je vous demande de bien garder ce nom en mémoire, un instant seulement, pour que personne n'oublie et que nous puissions tous juger. Le fils de ce monsieur s'est présenté dans les bureaux du quotidien El Deber, à Santa Cruz, Bolivie, pour demander au journal de publier un mot de remerciement aux médecins cubains qui avaient opéré son père de la cataracte dans le cadre de l'"Opération miracle" [nom donné aux missions médicales cubaines qui soignent gratuitement la population dans plusieurs pays d'Amérique latine] et lui ont rendu la vue.


Le père de ce Bolivien reconnaissant n'est autre que Mario Terán. Ce nom dira peut-être quelque chose aux plus âgés d'entre nous. Les plus jeunes n'en auront sans doute jamais entendu parler. Mario Terán est le sous-officier qui a assassiné le commandant Ernesto Che Guevara le 9 octobre 1967 dans la petite école de La Higuera. Lorsqu'il a reçu l'ordre de ses chefs, Terán a dû avoir recours à l'alcool pour trouver le courage de l'exécuter. Il a lui-même raconté à la presse plus tard qu'il tremblait comme une feuille lorsqu'il s'est retrouvé face à cet homme qu'il a vu à ce moment-là "grand, très grand, immense".

Le Che, blessé, assis sur le sol en terre de la modeste école, le voyant hésitant et effrayé, a eu le courage qui manquait à son assassin : il a ouvert sa chemise kaki élimée, découvert sa poitrine et lui a crié : "Ne tremble plus et tire ici, car tu vas tuer un homme." Le sous-officier Mario Terán a alors tiré, exécutant l'ordre des généraux René Barrientos et Alfredo Ovando. Mario Terán n'a pas eu à débourser un seul centime pour se faire opérer de la cataracte par des médecins cubains, dans un hôpital offert par Cuba et inauguré par le président Evo Morales à Santa Cruz. »

 

Héctor Arturo, Granma (Cuba), octobre 2007

Publié dans Amériques

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