HOUELLEBECQ ATTAQUE LES PSYCHANALYSTES

Publié le par David L'Epée

houellebecq.jpg« Une femme tombée entre les mains des psychanalystes devient définitivement impropre à tout usage, je l’ai maintes fois constaté. Ce phénomène ne doit pas être considéré comme un effet secondaire de la psychanalyse, mais bel et bien comme son but principal. Sous couvert de reconstruction du moi, les psychanalystes procèdent en réalité à une scandaleuse destruction de l’être humain. Innocence, générosité, pureté… tout cela est rapidement broyé entre leurs mains grossières. Les psychanalystes, grassement rémunérés, prétentieux et stupides, anéantissent définitivement chez leurs soi-disant patientes toute aptitude à l’amour, aussi bien mental que physique ; ils se comportent en fait en véritables ennemis de l’humanité. Impitoyable école d’égoïsme, la psychanalyse s’attaque avec le plus grand cynisme à de braves filles un peu paumées pour les transformer en d’ignobles pétasses, d’un égocentrisme délirant, qui ne peuvent plus susciter qu’un légitime dégoût. Il ne faut accorder aucune confiance, en aucun cas, à une femme passé entre les mains des psychanalystes. Mesquinerie, égoïsme, sottise arrogante, absence complète de sens moral, incapacité chronique d’aimer : voilà le portrait exhaustif d’une femme analysée. »

 

Michel Houellebecq, Extension du Domaine de la Lutte, J’ai Lu

 

Sur le même sujet :   le  Nihilisme  sur  le  Banc  des  Accusés

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Calbas 06/02/2015 00:19

«Qu'est-ce que la clinique psychanalytique ? Ce n'est pas compliqué. Elle a une base — C'est ce qu'on dit dans une psychanalyse. En principe, on se propose de dire n'importe quoi, mais pas de n'importe où — de ce que j'appellerai pour ce soir le dire-vent analytique... On peut aussi se vanter, se vanter de la liberté d'association, ainsi nommée... Évidemment, je ne suis pas chaud-chaud pour dire que quand on fait de la psychanalyse, on sait où on va. La psychanalyse, comme toutes les autres activités humaines, participe incontestablement de l'abus. On fait comme si on savait quelque chose.»

Ouverture de la section clinique. Ornicar ?, 1977, 9, p. 7-14.

«Qu'est-ce que vous êtes gentils, de vous déranger comme ça pour ce que j'ai à vous dire.
Mon séminaire, je n'ai pas la moindre envie de le faire.
Je l'ai intitulé cette année le Moment de conclure. Ce que j'ai à vous dire, je vais vous le dire — c'est que la psychanalyse est à prendre au sérieux, bien que ce ne soit pas une science.
Comme l'a montré abondamment un nommé Karl Popper, ce n'est pas une science du tout, parce que c'est irréfutable. C'est une pratique, une pratique qui durera ce qu'elle durera.
C'est une pratique de bavardage.
Aucun bavardage n'est sans risque.
Déjà, le mot bavardage implique quelque chose. Ce que ça implique est suffisamment dit par le mot bavardage. Ce qui veut dire qu'il n'y a pas que les phrases, c'est-à-dire ce qu'on appelle les propositions, qui impliquent des conséquences — les mots aussi. Bavardage met la parole au rang de baver ou de postillonner. Il la réduit à la sorte d'éclaboussement qui en résulte.
[…]
Le psychanalyste est un rhéteur. Pour continuer d'équivoquer, je dirai qu'il rhétifie, ce qui implique qu'il rectifie. Rectus, le mot latin, équivoque avec la rhétification.
[…]
Ce que j'ai appelé le rhéteur qu'il y a dans l'analyste n'opère que par suggestion. Il suggère, c'est le propre du rhéteur, il n'impose d'aucune façon quelque chose qui aurait consistance. C'est même pour cela que j'ai désigné de l'ex- ce qui se supporte, ce qui ne se supporte que d'ex-sister.
Comment faut-il que l'analyste opère pour être un convenable rhéteur ? C'est là que nous arrivons à une ambiguïté.
L'inconscient, dit-on, ne connaît pas la contradiction. C'est bien en quoi il faut que l'analyste opère par quelque chose qui ne se fonde pas sur la contradiction. Il n'est pas dit que ce dont il s'agit soit vrai ou faux. Ce qui fait le vrai et ce qui fait le faux, c'est ce qu'on appelle le pouvoir de l'analyste, et c'est en cela que je dis qu'il est rhéteur.
[…]
Ce qui dans le sexuel importe, c'est le comique. C'est quand un homme est femme qu'il aime, c'est-à-dire au moment où il aspire pour quelque chose qui est son objet. Par contre, c'est au titre d'homme qu'il désire, c'est-à-dire qu'il se supporte de quelque chose qui s'appelle proprement bander.
La vie n'est pas tragique. Elle est comique. Et il est assez curieux que, pour désigner ce dont il s'agissait, Freud n'ait rien trouvé de mieux que le complexe d'Œdipe, c'est-à-dire une tragédie. On ne voit pas pourquoi il a désigné d'autre chose que d'une comédie ce à quoi il avait affaire dans le rapport qui lie le symbolique, l'imaginaire et le réel. Il pouvait prendre un chemin plus court.»

Ornicar? Bulletin périodique du champ freudien, 1979, 19, p. 5-9.


«Je pense que, vous étant informés auprès des Belges, il est parvenu à vos oreilles que j'ai parlé de la psychanalyse comme pouvant être une escroquerie. [...] La psychanalyse est peut-être une escroquerie, mais ça n'est pas n'importe laquelle — c'est un escroquerie qui tombe juste par rapport à ce qu'est le signifiant, soit quelque chose de bien spécial, qui a des effets de sens.»

Ornicar? Bulletin périodique du champ freudien,
«L'escroquerie psychanalytique», 1979, 17, p. 8.

Jo 11/05/2014 15:57

La psychanalyse a effectivement le défaut d'être plus en phase avec la réalité et de lever quelque chose des illusions qui nourrissent pour beaucoup le sentiment amoureux... Que certains écrivains
aient besoin que les femmes s'illusionnent sur eux pour rester amoureuses de leurs personne, on peut le comprendre... Et on peut aussi comprendre que ces écrivains là n'apprécient pas que ces
femmes reviennent de leurs illusions et préfèrent se détourner d'eux ensuite.

Et puis... N'est-ce pas un peu sexiste de poser que "les femmes" qui passent par le divan ne sont plus capables d'aimer? Et les hommes qui font une analyse alors? Quid de l'effet sur leurs
illusions... Ah... Oui... J'oubliais... ce n'est pas son problème...

C'est effrayant de dire autant de conneries. Mais bon... Le problème avec les écrivains c'est que forts de leurs succès, ils finissent par oublier qu'ils n'ont pas pour autant un savoir universelle
en dehors du petit bout de leur lorgnette.

lovyves 28/01/2010 11:44


Comme disait Philippe d'Orléans à une dame de la cour au sujet du cardinal de Retz : "Le cardinal à un langage rustre, mais il est de bon conseil"!


zorg-f 16/05/2009 13:59

Pour cette fois houellebecq j'ai envie de dire que tu es un con. Bien que tu en sois pas en un, c'est de l'autisme de dire cela, quand on a été hospitalisé en psychiatrie pour une dépression.
Les gens comme toi, les gens comme moi, je les connais, tes bouquins je les aime, je l'ai dit à ton attachée de presse, qui est charmante ceci dit en passant, la psychanalyse, lorsqu'elle marche, c'est l'aventure d'une vie, toi, qui cherche, tu devrais essayer, cela ne tuerait pas, le génie qui est en toi,comme en nous tous, certainement tu n'écrirai plus la même chose, peut-être plus du tout, mais crois moi, tu aimerais mieux, et tu baiseras mieux.

zorg-f

J-o 11/02/2008 00:33

Je suis assez d'accord avec l'analyse de Houellebecq mais je trouve grossier et machiste les termes qu'il utilise pour une femme qui passe chez le psy, mais bon on est habitué chez lui.