LE NIHILISME SUR LE BANC DES ACCUSÉS

Publié le par David L'Epée

Au sujet de "De l’Extermination Considéré comme un des Beaux-Arts" (Gallimard, 2007) de François Meyonnis :

 

« Quand l’époque entière sent la tumeur, est-ce cependant les porteurs de mauvaises nouvelles que l’on doit ainsi mettre en accusation ? Sauf que ces écrivains-là ne se contentent pas de diagnostiquer, entend prouver Meyonnis. Ils surenchérissent. Ils participent eux-mêmes d’un véritable dressage social, enseignent aux quidams qui les lisent à s’écoeurer mutuellement, à mépriser leur propre sexualité, à se sentir frères humains en crimes contre l’humanité. Ils obturent toute possibilité de rédemption surtout, ne laissant aux êtres que l’issue du suicide ou du massacre de masse. [...] Nul hasard, souligne à cet égard l’auteur si c’est précisément sur la faillite sexuelle qu’un Houellebecq appuie sans relâche pour faire mal. Salir l’amour, c’est ôter aux hommes un de leurs ultimes points de résistance possible. Le corps amoureux, comme celui qu’habite la parole indemne, est justement ce qui ne se laisse pas aisément réduire au tas de viande anonyme des partouzes de Plateforme. »

 

Aude Lancelin, "Le Nouveau Nihilisme", Le Nouvel Observateur, 11-17 octobre 2007

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