LES JUIFS ET LA REPUBLIQUE

Publié le par David L'Epée

undefined« Je me souviens de BHL à l’époque, installé au fond du pub de la Rue des Saints Pères, le Twickenham, devenu depuis une boutique de fringues, plusieurs lignes de téléphone devant lui, réglant concomitamment ses liens avec son éditeur, les chaînes de télé françaises et étrangères, les acteurs, Coluche, les chefs de SOS Racisme, l’Elysée, écrivant même parfois son prochain livre, ou plus sûrement un article à forcément grand retentissement, avec une délectation jubilatoire. Il se prenait pour Jean-Paul Sartre – qui s’était pris pour Zola qui s’était pris pour Voltaire ; nous nous prenions pour BHL. Ne pas parler de décadence dans ces conditions exige une foi dans le Progrès inexpugnable. Les drapeaux bleu et blanc flottèrent longtemps dans les cortèges. Ils ne choquaient plus personne. Ou plutôt, ceux qu’ils choquaient se taisaient. On disait alors : on peut aimer son père et sa mère. La France et Israël. Le Général de Gaulle avait été le dernier à oser nous demander de choisir. Après la célèbre conférence de presse de 1967 sur le peuple d’élite, sûr de lui et dominateur, il avait reçu le grand rabbin de France qui lui avait demandé audience et lui avait lancé, superbe : "Si vous voulez me parler des Juifs français, vous êtes le bienvenus ; si vous voulez me parler d’Israël, j’ai un ministre des Affaires étrangères pour ça ! " »

 

Eric Zemmour, "Petit Frère", Denoël, 2008, p. 214-215

 

 

Du même auteur :   « J’Avais  Négligé  les  Leçons  du  Grand  Marx »

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