REALISMES ET UTOPIES

Publié le par David L'Epée

undefined« Georges Bernanos disait que le réalisme est la bonne conscience des salauds. Le réalisme, en effet, c’est d’abord accepter le monde tel qu’il est, se satisfaire d’une situation désastreuse et s’y résigner sous prétexte que les forces dominantes ne dessinent pas d’autre futur que le prolongement des tendances actuelles. Selon la belle expression de Michel Dias, ces réalistes préfèrent "une issue fatale mais certaine plutôt que l’incertitude d’un devenir rendu à l’initiative humaine". Lorsque les objecteurs de croissance sont traités d’utopistes, c’est bien par opposition à ce réalisme-là.


Nous sommes effectivement à contre-courant. Nous refusons de nous soumettre au diktat de la situation, à la tyrannie du TINA (there is no alternative) qui réduit l’être à l’étant. L’utopie positive dont nous nous réclamons rejette ce refus des autres mondes possibles. En revanche, nous accuser d’être des chasseurs de chimères est tout-à-fait injuste. On sait maintenant que la généralisation du développement est impossible. C’est donc au contraire cet abandon à la logique suicidaire de la société de croissance et de l’occidentalisation qui est l’utopie au sens négatif du terme. Cette attitude réaliste des salauds manifeste cet étrange désir de catastrophes qui hante inconsciemment l’Occident et dont Jacques Attali, auteur à la fois d’Une Brève Histoire de l’Avenir et du rapport sur les proposition pour "libérer la croissance", représente la figure caricaturale. »



Serge Latouche, Politis, 28 février 2008



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