DEUX TIERS D’AUTORITARISME, UN TIERS DE DEMOCRATIE

Publié le par David L'Epée

Réaction de Georges Nivat, professeur de langue et de littérature russe, à l’élection dimanche de Dmitri Medvedev à la tête de la Fédération de Russie :


Medvedev.jpg« L’immense territoire russe sous-peuplé (c’est le problème majeur pour les décennies à venir) n’est pas prêt à l’autonomie locale sans désordre. Pour beaucoup, le bilan des huit dernières années est positif. Les 70% de voix du nouveau président ne sont pas inventés de toutes pièces, et correspondent aux résultats des sondages de l’Institut Levada. [...] La stabilité a permis à chacun de refaire des projets, un appartement, une maison, tout ce qui fait une classe moyenne. La reprise en main des destins russes a redonné une certaine fierté après les années d’humiliations et de leçons subies de la part de l’Occident. [...] Le président Poutine a déclaré que la chute de l’URSS avait été une catastrophe. Mais il en est resté aux mots, il n’est pas question de revanche armée. [...]                

Oui, la Russie actuelle prend une "revanche" économique et culturelle, pas impérialiste.
Il existe certes des libéraux russes qui regrettent que les "révolutions de couleurs" (Ukraine, Géorgie) n’aient pas déteint sur la Russie, mais la plupart, même parmi les intellectuels, ont le sentiment qu’une "révolution orange" sur la Place Rouge à Moscou règlerait moins de problèmes qu’elle n’en poserait sur leur immense territoire. [...] D’où la conclusion du 2 mars 2008 : la stabilité d’aujourd’hui vaut bien un pouvoir autoritaire. Deux tiers d’autoritarisme et un tiers de démocratie sont peut-être la potion solvatrice. »



Le Temps
, 4 mars 2008

Publié dans Russie

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