LES SARKOZIENS ALLERGIQUES A LA REPUBLIQUE...

Publié le par David L'Epée

undefined« En publiant ce bref appel pour une vigilance républicaine, Marianne n’imaginait pas un instant provoquer une réaction aussi rapide, aussi violente et aussi massive. Un grand tremblement a subitement saisi la Sarkozie. [...] Ces réactions disproportionnées et parfois ridicules, ce manque de sang-froid, cette panique, constituent un aveu : l’appel du 14 février a touché juste et cela ne fait qu’ajouter à l’inquiétude qu’il exprimait. Car de quoi s’agissait-il ? Du simple rappel, formulé en des termes très généraux, des grands principes républicains qui ont défini les conditions de la vie publique française depuis des décennies. [...] Ceux qui se sentent aujourd’hui agressés par le simple énoncé de ce qui faut l’évidence de tant d’hommes et de femmes politiques nous livrent une information essentielle : ils ne se reconnaissent plus dans ces principes, dont le rappel leur semble insupportable. Neuf mois de sarkozysme et de courtisanerie auraient-ils suffi à les déshabituer du plus petit dénominateur commun de la République ? Ce serait alors ça, la grande rupture : l’acceptation consciente et peut-être suicidaire, par toute une équipe, de la dérive dans laquelle Nicolas Sarkozy entraîne la représentation politique. [...]                

[Mais ces] valeurs continuent de faire consensus chez une large majorité de Français : un pouvoir digne et organisé, une laïcité paisible, une information indépendante et plurielle, une politique étrangère indépendante et respectée. En moins d’un an, par calcul, désinvolture ou naïveté, Nicolas Sarkozy a ébranlé ces fondamentaux. A l’étranger, le seul message compréhensible a été la rage de défaire ce qui réunissait une large majorité de Français depuis cinquante ans : le rapport aux Etats-Unis. De Gaulle avait réussi à installer la France comme une voix amie, mais autonome, de la puissance américaine. Grâce à une politique de défense fondée sur la dissuasion nucléaire et indépendante du commandement de l’OTAN. [...] Symbolisé par la nomination de Bernard Kouchner, le seul homme de gauche favorable à l’intervention en Irak, ce revirement atlantiste, qui mêle l’erreur politique (faire risette à un an des élections américaines au président bush décrédibilisé chez lui) et une puérilité déplacée (le jogging dans Central Park avec un tee-shirt New-York Police Department) constitue le seul bilan palpable. Le reste n’est que contradiction et confusion. »



Eric Conan, "Le retour aux valeurs qui les rend fous", Marianne, 23 au 29 février 2008



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