PAS DE PRIVILÈGES FISCAUX POUR LES GROS ACTIONNAIRES !

Publié le par David L'Epée

undefined« Qui ne voudrait pas payer des impôts sur seulement 60% de ses revenus ? Le 24 février 2008, c’est sur un tel allègement fiscal que nous voterons. Mais attention ! Ce cadeau fiscal n’est pas destiné à tout le monde ! Il est réservé uniquement à celles et ceux qui possèdent au moins 10% d’une entreprise, c’est-à-dire surtout des gros actionnaires. Le commun des mortels n’en bénéficiera par conséquent pas du tout. Tout comme nombre de petites et moyennes entreprises (PME) d’ailleurs. A nous de payer ensuite avec nos impôts ce cadeau destiné aux seuls gros actionnaires... [...] 

L’actuelle réglementation sur l’imposition des entreprises a des avantages, n’en déplaise aux partisans des cadeaux fiscaux pour les gros actionnaires. En effet, elle protège les emplois. Aujourd’hui, les bénéfices des entreprises sont intégralement imposés, lorsqu’ils sont versés aux propriétaires de celles-ci. La conséquence en est que l’incitation à distribuer les bénéfices est souvent moins forte que celle à constituer des réserves dans l’entreprise ou à investir dans de nouvelles machines et technologies. Si les entreprises disposent en règle générale d’un bon coussin de sécurité, d’un degré d’autofinancement élevé et d’installations de production modernes, c’est aussi grâce à ce judicieux système d’incitation. Des entreprises ont pu sauver des emplois en période de crise uniquement parce que leurs réserves étaient suffisantes. Le paquet fiscal n°2 veut changer cela. Il veut instaurer un autre système d’incitation selon lequel les bénéfices ne seraient plus engagés en faveur de l’entreprise elle-même, mais redistribués. Cela, dans l’espoir, sans fondement aucun, que des investissements seraient ainsi réalisés dans d’autres secteurs économiques. En redistribuant de la sorte une part plus grande des bénéfices, on met en danger et des emplois et des entreprises. [...]
        

Le paquet fiscal n°2 aurait été ficelé dans l’intérêt des petites et moyennes entreprises, les PME, nous racontent les politiciens de droite. Mais la majorité des PME ne veu­lent pas entendre parler d’un tel cadeau, parce qu’elles n’en profiteraient pas et n’en subiraient au contraire que des désavantages. N’en profi­teraient que quelques privilégiés qui n’en ont nullement besoin. Des centaines de mil­liers d’artisans, de fournisseurs de services et d’indépendants ne toucheront dans le meilleur des cas rien du tout, et au pire, ils devront passer à la caisse pour payer des augmentations de taxes et d’émoluments et recevoir de l’État des prestations bien moins bonnes qu’aujourd’hui. [...]
La droite politique veut réduire à néant ces principes fondateurs du droit fiscal suisse en imposant le paquet fiscal n°2. Ce dernier prévoit en effet qu’à l’avenir, il y aura deux catégories de contribuables : les imbéciles, qui paieront des impôts sur la totalité de leurs revenus, et les privilégiés qui ne seront imposés qu’à 60 %. [...] Si vous pensez que l’Etat n’a pas à soutenir les gros actionnaires, il vous faut voter NON le 24 février 2008. Nous ne sommes quand même pas des imbéciles ! »


Comité Justice Fiscale, janvier-février 2008


leur site officiel, très bien documenté


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   le  24  Février,  Votons  NON  à  la  Réforme  Fiscale !

Publié dans Suisse

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