BOBO-LIBERALISME ET MARIAGE PRINCIER

Publié le par David L'Epée

undefined« Comme sous l’Ancien régime, quand une lente et minutieuse stratégie d’alliance politique se concluait par un mariage, le roi de notre droite mondialiste et financière, Nicolas Sarkozy, a convolé en juste noce avec la princesse bobo Carla Bruni. Les idiots de chez nous, il y en a. Ceux qui persistent à croire à une possible "union des droites" se choquent de cette alliance, qu’ils croient contre nature, entre une gauchiste, fan du groupe Téléphone et notre président de droite, élu pour ma plus grande honte par un million des nôtres. Ce président d’une droite soi-disant décomplexée, de rupture et de redressement, passé en huit mois de la promesse bonapartiste à Napoléon le Petit puis à Bokassa, en attendant de finir, si ça continue à déconner comme ça avec les femmes, dans l’uniforme du général Boulanger !


De droite Nicolas ? Oui mais de quelle droite ?


De gauche Carla ? Oui mais de quelle gauche ?


Pourtant si on y réfléchit bien, ça fait 40 ans – en gros depuis le référendum de 1969 – que la droite d’affaire, incarnée alors par Pompidou, Poher et Giscard, couche en douce avec la gauche "sociétale", internationaliste et métisseuse des Daniel Cohn-Bendit, Bernard Kouchner et autre Bernard-Henri Lévy. Sarkozy en bon successeur de Chirac n’a fait finalement qu’officialiser l’union.


Comprendre cette alliance, apparemment contre nature mais en réalité fort cohérente, entre la droite d’affaires et la gauche bobo, c’est prendre enfin conscience, dans notre camp, qu’à l’heure où l’idéologie trotskiste sans-papiériste devient l’alibi humanitaire de l’immigration choisie du MEDEF, il est très utile pour le Système d’avoir un Besancenot… Comprendre encore que pour faire passer le Quai d’Orsay – et sa politique équilibrée au Moyen-orient – sous le contrôle de l’Empire atlantiste, rien n’est mieux qu’un Kouchner, ex gouverneur nommé par l’OTAN au Kosovo ! Comprendre enfin que pour liquider les classes moyennes enracinées, base sociologique de la droite des valeurs, rien ne vaut Attali et ses 300 propositions d’achèvement de la France par la déréglementation et la dérégulation libérale généralisée…
 
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Comprendre cette union sacrée bobo-libérale, c’est comprendre aussi que la seule et véritable opposition à ce Système UMPS ne peut être que l’union sacrée de la gauche du travail et de la droite des valeurs.
L’union des anciens communistes passés au Front, trahis par la gauche bobo et victimes des délocalisations, marchant main dans la main avec cette bourgeoisie moyenne entrepreneuriale et enracinée, trahie par la droite financière et promise à la liquidation. Gauche populaire, droite populaire aux valeurs et aux intérêts communs qui constituent la sociologie même du Front National, cette union sacrée, au-delà de la droite et de la gauche, incarnée et accomplie par Jean-Marie Le Pen durant 35 ans... Travailleurs, petite bourgeoisie et moyenne bourgeoisie qui constituent le peuple des petites gens et des honnêtes gens. Ce peuple de France uni dans la défense de son histoire, de ses acquis et de ses valeurs, pour ne pas mourir sous les coups du mondialisme trotsko-libéral. Un mondialisme financier uniformisateur et métisseur qui, sous couvert d’universalisme humaniste et démocratique, constitue une véritable politique de destruction de toute civilisation…


Comprendre ce face à face actuel du peuple de France et de ses liquidateurs, c’est comprendre aussi l’inanité de la vieille grille de lecture gauche/droite d’avant la chute du mur de Berlin.
Comprendre aussi que face à ce fort symbolique mariage Carla-Sarko, Kouchner-Sarko, Attali-Sarko… la stratégie ne peut plus être l’union des droites. Qu’aurait à faire la droite d’affaires d’une droite entrepreneuriale, quand la logique du profit financier passe désormais par la destruction de l’entreprise ? Qu’aurait à faire la droite financière d’une droite morale, quand la morale devient un frein à la logique du profit et que la transgression gauchiste – au nom de la contestation de toute morale bourgeoise – lui fournit dans le même temps le parfait alibi ? Faut-il encore vous expliquer Carla et Sarkozy ?


Soit nous comprenons ces nouvelles alliances et nous pouvons devenir demain, le grand parti d’opposition. Soit nous nous montrons incapables de nous hisser au niveau de l’Histoire et nous devenons, sous Sarkozy, ce que le PCF devint sous Mitterrand.


A vous de voir. »



Alain Soral, 18 février 2008

source :   Egalité & Réconciliation

Publié dans analyse

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