ATTALI : UN GEORGES ORWELL EN NEGATIF

Publié le par David L'Epée

undefined« Le talent littéraire en moins, il y a du Georges Orwell dans ce rapport-là [le rapport Attali]. Une sorte de social-fiction qui sème l’effroi. Avec cette différence que l’auteur souhaite ce que 1984 voulait conjurer. Après lecture des conclusions de la commission Attali, il n’est pas interdit d’imaginer une société qui ferait travailler les vieux jusqu’à leur dernier souffle, des rues envahies de pousse-pousse, et des aires de stationnement accueillant des milliers de mobil-homes pour travailleurs allant de ville en ville quérir un petit boulot. Sans oublier les gamins qui apprendraient à boursicoter dès le primaire. [...] Si les quelques trois cent propositions que contient ce document venaient à être mises en oeuvre, que resterait-il du droit du travail, de la protection sociale ou des services publics ? La réponse ne fait guère de doute : rien. Un champ de ruines. Ce n’est plus Attali, c’est Attila.


Saisis d’une véritable hystérie libérale, les auteurs nous plongent dans un univers de privatisations sans fin, de déréglementation tous azimuts et de concurrence absolue. [...] Les mauvais hasards du calendrier fait que cette apologie de l’ultra-libéralisme tombe en plein krach boursier, c’est-à-dire au coeur d’une réalité qui dément le dogme libéral. Qu’importe ! [...] L’ultra-libéral, aujourd’hui, est en pays conquis. La fatuité bien connue du président de la commission n’est sans doute pas étrangère non plus à ce style va-t-en-guerre sociale. »


Denis Sieffert, éditorial, Politis, 24 janvier 2008

Publié dans Europe

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