GYNOCENTRISME ?

Publié le par David L'Epée

undefined« Dans une société qui prône l’égalité entre l’homme et la femme, la gent masculine éprouverait un malaise. Ces hommes nouveaux se cherchent une nouvelle identité. Mais leur mal-être n’a-t-il pas d’autres raisons ? Si se défaire des schémas ancestraux est toujours difficile, l’interprétation des nouvelles règles ou leur absence n’expliquerait-elle pas aussi le malaise et même l’effacement des hommes et des pères ? [...] Pour remédier à la difficulté d’assumer la différence de structuration du psychisme, certains avancent que les différences entre les hommes et les femmes sont construites par l’éducation, et sont donc injustes. En même temps, les qualités autrefois vénérées chez les hommes – la froideur, la rigueur, la distance, la droiture, la fermeté, la violence – sont dévalorisées alors que leur opposé – la sensibilité, la spontanéité, la proximité, la complicité, l’écoute, la compassion, la flexibilité, la non-violence – sont aujourd’hui idéalisées. [...] Au nom de la liberté, de nombreuses règles sexistes sexistes ont été supprimées. La féminité peut s’étaler au grand jour sans aucune retenue, et lorsqu’il est admis que les femmes libèrent leur sexualité, il est demandé aux hommes de s’en libérer. [...]

 

Alors que la femme était considérée comme un homme incomplet, l’homme est aujourd’hui diabolisé. Culpabilisé, il a même un devoir de repentance et presque une obligation de soin pour rattraper le retard qu’il conserverait sur la femme dans son développement personnel. S’il n’y arrive pas, il ne sera pas jugé inférieur, ce qui serait politiquement incorrect, mais il lui sera conseillé de faire un travauil "sur lui" pour "retrouver son être intérieur". Alors ce gynocentrisme qui donne la priorité aux valeurs féminines et qui considère l’homme attardé ou malade, n’est-il pas le pendant féminin du sexisme masculin qui faisait des femmes et des hommes imparfaits ? Aujourd’hui, parce que la fonction de père renvoie aux rôles sexistes, c’est souvent la maman qui pose les limites. [...] [Le papa] apparaît aux yeux de l’enfant comme un subalterne de la maman omniprésente. Souvent par lassitude, il démissionne ou est démissionné par une maman qui croit pouvoir se passer de lui. L’homme, mal à l’aise dans une société où la norme exige de déployer ses qualités féminines, ne se sent pas non plus utile dans l’éducation des enfants. Il a tendance à se replier, à s’effacer. »

 

Jean Gabard (auteur de "Le Féminisme et ses Dérives : du Mâle Dominant au Père Contesté", Editions de Paris, 2006), "L’effacement de l’homme pour cause de culpabilité", Le Temps, 15 janvier 2008

 

 

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