MÊME LES EUROPÉISTES SE METTENT À DOUTER

Publié le par David L'Epée

Chronique parue dans Le Temps, quotidien romand passant pour être très européiste (d’habitude) :

 

Europe01.jpg
« La France vient de ratifier le nouveau traité constitutionnel  [européen]. [...] Ses citoyens comprennent peu où [l’Europe] va, se défient tellement d’elle, sont tant perdus dans les méandres de ses institutitons et de sa constitution, que les gouvernements ont jugé plus prudent de ne pas soumettre son nouveau traité à référendum, même dans les pays qui avaient rejeté, en 2005, le projet de Constitution au suffrage universel. [...] L’Europe se fait aujourd’hui sans les peuples, voire contre eux, et c’est si vrai que ce Traité de Lisbonne est volontairement illisible – une longue suite d’amendements aux traités antérieurs – afin de moins donner prise à la contestation. L’Europe se fait comme on administre une potion à un enfant, en lui pinçant le nez, et le fait que ces réformes institutionnelles soient très généralement considérées comme bonnes et nécessaires ne change rien à la perversité de la méthode. A ce rythme, l’Union deviendra vite un repoussoir, perçue comme un carcan étranger sur lequel se focaliseront toutes les inquiétudes, fondées et infondées, des nations européennes. »

 

Bernard Guetta, "L’Union cassée de l’intérieur", Le Temps, 9 février 2008

 

 

Sur le même sujet :   Cette  Drôle  d’Europe  n’est  pas  celle  des  Peuples

Publié dans Europe

Commenter cet article

Bruno 15/03/2008 20:19

Honte à Olli Rehn, commissaire européen à l'élargissement, qui une fois de plus soutient les islamistes auto-proclamés modérés de l'AKP, alors qu'un procureur turc menace d'interdire ce parti (à juste titre). Voici la dépêche...


>>>>>>>>> Citation:
BRUXELLES - Le commissaire européen à l'Elargissement Olli Rehn a appelé samedi la justice turque à ne "pas se mêler de politique démocratique", après qu'une demande eut été déposée devant la cour constitutionnelle pour dissoudre le parti AKP au pouvoir en Turquie.
"Dans une démocratie européenne normale, les problèmes politiques sont débattus au Parlement et tranchés par les urnes, pas dans les tribunaux", a déclaré M. Rehn aux journalistes, en marge d'une conférence internationale à Bruxelles.
"La séparation des pouvoirs est également un principe européen de base: autrement dit, le pouvoir exécutif ne se mêle pas des affaires judiciaires, et la justice ne se mêle pas de politique démocratique", a-t-il ajouté.
Il a ajouté qu'il espérait que "cet incident ne consommerait pas trop d'énergie politique, afin de ne pas retarder les réformes, liées à l'intégration à l'UE, destinées à améliorer les libertés individuelles en Turquie".
La Turquie a entamé en octobre 2005 des négociations d'adhésion à l'UE, qui n'ont progressé que très lentement depuis, faute de réformes en Turquie mais aussi de l'opposition de certains pays européens à une entrée de ce grand pays à population largement musulmane dans l'UE.
Le procureur de la Cour de cassation turque a déposé vendredi devant la Cour constitutionnelle une demande visant à interdire le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste) et son chef, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, en raison d'activités anti-laïques.
M. Erdogan a dénoncé samedi cette menace de dissolution de sa formation comme une "atteinte à la volonté nationale".
(©AFP / 15 mars 2008 16h25)


Je signale à Olli Rehn qu'il me semble qu'en Allemagne par exemple la justice peut interdire des partis politiques et l'a déjà fait à plusieurs reprises... Il est urgent que les faux européanistes, larbins zélés de Washington, dans le genre de ce monsieur soient remplacés par des vrais ! En tout cas, à chaque fois que les forces anti-islamiques de Turquie se réveillent, comme l'armée et maintenant la justice, la Commission "Européenne" condamne leur action... Etrange...
Normal puisqu'elle semble recevoir des ordres directement de Washington, et qu'on sait que les USA sont plus que favorables à l'intégration de la Turquie dans l'Union Européenne, afin d'interdire l'émergence de l'Europe Puissance.
Russophobie et turcophilie sont les deux mamelles du parti américain en Europe. Face au parti américain, il faut que grandisse le Parti Européen !