UNE CRITIQUE LIBERALE DU LIBERALISME

Publié le par David L'Epée


Le Nouvel Observateur
commente les récentes prises de position publiques de  Bob Reich, ancien Ministre américain du Travail sous Bill Clinton. Où lorsque même la droite libérale se prend à douter de l’actuel modèle américain...

« En devenant global, le capitalisme qui a fait de l’Amérique et de ses émules un modèle d’efficacité peu ou prou pour le plus grand nombre a changé de nature. Nous le respections naguère pour sa capacité à garantir une croissance forte, adossée à un système de valeurs. Nous le rejetons aujourd’hui car il creuse les inégalités et accroît notre précarité. Sous l’effet de la globalisation, d’une concurrence intense, le capitalisme-turbo fait le bonheur des consommateurs privilégiés, reliés désormais à tous les points de la planète. Mais il lamine impitoyablement les citoyens que nous sommes. Cohésion et justice sociale, respect de l’entreprise, moralité, services publics, que valent ces valeurs à l’aune de la dynamique de la compétition mondiale et de la "création de valeurs" pour l’actionnaire désormais érigées en principes ? [...] L’âge d’or du capitalisme, avec sa concurrence organisée, ses syndicats puissants, ses patrons soucieux du bien public, son emploi à vie, est mort. Et l’avenir est sombre, car les outils traditionnellement utilisés pour tempérer l’exubérance irrationnelle de la société américaine – redistribution par l’impôt, éducation publique, syndicats – agonisent. »

Jean-Gabriel Fredet, Le Nouvel Observateur, 24 au 30 janvier 2008

Publié dans analyse

Commenter cet article