NOTES SUR LE DERNIER INTERVIEW DE SORAL

Publié le par David L'Epée

Un lecteur nous a laissé quelques commentaires en réaction au dernier interview d’Alain Soral publié sur le blog. J’aimerais brièvement répondre ici à certaines de ses remarques.

 

Soral11.JPGQuoi qu’on puisse penser de l’entrée du Venezuela dans Mercosur, Chavez reste pour nous une des rares références politiques du temps présent précisément parce qu'il a su conjuguer sans aucune ambiguité les intérêts sociaux et les intérêts nationaux bien compris du Venezuela, ou plutôt parce qu'il a compris qu'il ne saurait y avoir aucune contradiction entre ces deux intérêts, l'un étant la condition sine qua non de l'autre. Cette évidence s'impose évidemment beaucoup plus facilement dans un pays marqué par le bolivarisme, et plus généralement dans tous les pays extérieurs à la sphère idéologique occidentale, sphère qui en est encore à chercher le progressisme du côté de l'internationalisme (internationalisme libéral et américanocentré bien sûr, car il semble que l'"autre" internationalisme soit un peu passé de mode).

 

Après l'ambiguité laisée chez nous par la révolution intellectuelle des Lumières, le traumatisme de la Seconde guerre mondiale et le brouillage des repères entraîné par les agitations de Mai 68 (soit le moment où le "socialisme" a été confisqué par les clans sorbonnards et la bourgeoisie), il nous est évidemment plus difficile de comprendre une idée aussi simple, mais aussi politiquement incorrecte que celle-ci : il ne saurait y avoir de socialisme sans souveraineté nationale. Chavez n'a certes pas été soumis aux mêmes pressions internationales et aux mêmes obstacles pratiques que Lula, mais les atouts économiques et énergétiques de son territoire, la mobilisation de son peuple et sa propre détermination ont permis de grandes victoires (son entrée à Mercosur ne remet pas en cause sa grande entreprise de nationalisation des ressources), et à cela nous ne pouvons qu'applaudir.

 

Vous vous demandez s’il faut se méfier d’un penseur qui s’exprime en termes de "valeurs". Le recours aux valeurs marque-t-il un positionnement de droite ? Certainement pas. Ce que nous appelons couramment la droite, c'est-à-dire le clan libéral, celui des héritiers d'Adam Smith, ne s'est jamais exprimé en terme de valeurs. Au contraire, il a toujours misé sur une conception amorale de la politique, persuadé – suivant une dialectique quasiment théologique où les lois du marché se substituent aux lois divines de ses prédécesseurs – que l'intérêt général naîtrait comme par magie de la somme de tous les égoïsmes individuels. L'actualité nous montre tous les jours à quel point ce catéchisme hypocrite est en constante contradiction avec la réalité.

 

Egalité & Réconciliation n'est pas plus anti-gauche qu'il n'est anti-droite, mais il est anti-libertaire et anti-libéral (alliance d’idées objective que Serge July, dans un rare accès d’honnêteté intellectuelle quant à son statut, appelait l’esprit li-li-bo-bo), et les zones de l'échiquier politique où triomphent ces deux idéologies complémentaires nous importent finalement assez peu. Le libéralisme représente la négation de toute valeur dans la mesure où il est non-éthique, voire, si l'on veut bien, anti-éthique. Le comportement libertaire qui l'accompagne (hélas souvent revendiqué par la "gauche" que son embourgeoisement a poussé à la quête de tous les plaisirs) est tout aussi amoral puisqu'il appelle à la libération de l'individu des "vieilles" valeurs que sont le patriarcat, la common decency (cf. Orwell ou Michea), la pudeur, la famille, le sens de l'honneur ou la nation. Car il s'agit bien là de valeurs et non uniquement d'idées abstraites. Soral, lui, souhaite réintégrer ces valeurs et je ne peux que le suivre dans cette entreprise. Nous pensons comme Rousseau : "Il faut traiter la société par les hommes, et les hommes par la société : ceux qui voudront traiter séparément la politique et la morale n’entendront jamais rien à aucun des deux".

 

undefinedQuant au ralliement à tout le monde et à n’importe qui qu’impliquerait d’après vous notre travail de réconciliation nationale, il n’en est pas question. Soral appelle en effet, pour reprendre son slogan désormais connu, à la "réconciliation des Gaulois et des Cé-frans", termes imagés désignant les Français dit de souche et les populations d’origine immigrées. Il s’agit là de dire que chacun doit être traité, selon l’égalité républicaine, en tant que citoyen du pays où nous vivons et non en tant que ressortissant ou selon ses critères ethniques. Le principe républicain, souvent aux antipodes de la doctrine de ceux qui se revendiquent "identitaires" et parlent sans cesse de nation sans y croire (puisque qu’ils ne se laissent le choix qu’entre identités ethniques et régionalismes), considère les gens en fonction de leur nationalité, qu’elle soit héritée ou acquise, et non en fonction de leur couleur de peau ; c’est là un vrai progressisme mais qui est très peu partagé par les grands partis du système puisque ceux-ci préfèrent actuellement surfer sur la vague de l’éloge du cosmopolitisme et du métissage, c’est-à-dire d’une analyse de la situation reposant sur l’ethnique.

 

Partant de là, le projet d’Egalité & Réconciliation pour la France (je ne m’y étendrai pas longtemps car je ne suis pas Français et je préfère laisser mes camarades de l’Hexagone s’exprimer sur le sujet) est de rassembler ces deux "catégories" de Français sous la même bannière, relativement au statut que leur confère la République et à leurs intérêts communs – intérêts de citoyens, de travailleurs, de contribuables. Les individus qui affament et méprisent ces populations (cette population, devrais-je dire), n’ont pas eux non plus de couleur : spéculateurs, lobbyistes, émissaires de Washington et de Tel-Aviv, intellectuels vendus au système. Ramener la paix civile et un semblant d’unité dans les banlieues (puisque c’est bien de cela qu’il s’agit) est certes un objectif ambitieux et il ne s’agit pas, comme vous semblez le craindre, de vendre son âme au diable et de se réconcilier avec les ennemis du peuple français. Car, de toute évidence, la minorité de voyous qui sévit dans ces zones périphériques, les pyromanes, les casseurs, les pillards, les hooligans, ne méritent pas d’être Français. Nous n’avons rien de commun avec eux et nous ne trouverons jamais aucune circonstance atténuante pour ceux qui incendient les bibliothèques, crime impardonnable dont la valeur symbolique est extrêmement violente et inquiétante. Conscients que ce lumpenproletariat (qui vit d’ailleurs souvent dans des conditions sociales bien meilleures que ce qu’on appelle le prolétariat !) est minoritaire et qu’il est, contrairement à ce qu’aboient les sionistes de tous les médias, moins influencé dans ses actes et son attitude par l’Islam que par l’esprit consumériste américain et sa posture bad boy de clip MTV, nous disons comme Marx : ceux qui se battent pour les travailleurs ne doivent pas s’allier avec la racaille.

 

J’espère que ces quelques précisions auront pu vous rassurer quant aux objectifs que nous nous sommes fixés pour l’année 2008.

 

 

David L’Epée, 23 janvier 2008

 

 

Sur le même sujet :   Ne  nous  Trompons  pas  d’Ennemi (partie I)     Ne  nous  Trompons  pas  d’Ennemi  (partie II)

Commenter cet article

alius et 26/01/2008 00:57

Les VALEURS c’est ce dont on se remplit la bouche quand on ne sait justement plus où on habite ou pire quand on dissimule son identité profonde. Ca fait plaisir dans les instants d’extrême fatigue mais ça ne rime à rien, de qui, de quoi , de quand, où, Coucouroucoucou.
Please du CLAIR, du PROPRE, du CONCRET, de l’anti-amalgame, de l’anti-fange, de la raison simple !
Comment oser ces raccourcis historiques (cf votre paragraphe 2), et ces raccourcis de catégories bougeoise et petit-bourgeois –libertaire/libéralisme ou est-ce vice versa- (cf votre paragraphe 4) si ce n’est en faisant des copier-coller ?
Merci, cela permet de combler les 3 minutes de rire bénéfiques à une vie saine.