L’EUROPE LIBÉRALE ET LA HAINE DE LA CULTURE

Publié le par David L'Epée

undefinedLe Courrier International s’intéresse à Stéphane Sanders, essayiste néerlandais, qui s’est penché sur la crise des valeurs qui touche les Pays-Bas. Une crise de valeurs qui, sur fond de libéral-libertarisme et de relativisme anti-autoritaire, ressemble étrangement à celle qui touche notre coin d’Europe...

« Avant cette période [les années 1960-1970], l'Etat donnait au peuple la possibilité d'apprendre. L'homme de la rue devait être mis en contact avec la haute culture : la vraie littérature et la musique du Concertgebouw [la salle classique la plus réputée des Pays-Bas]. Mais la "nouvelle gauche", qui a pris son essor pendant ces années-là, a jeté à la poubelle cette idée d'enseigner au peuple, désormais considérée comme élitiste et paternaliste. On ne voulait plus de ça ni dans l'enseignement ni dans l'arène politique. "Un homme ou une femme qui dit à une classe comment il faut voir les choses : c'est tellement désuet !" Et, dans le domaine politique, l'esprit antiautoritaire soufflait si fort que l'on a même relativisé le droit de la démocratie à exister, note Sanders, car, à cette période, les Pays-Bas ont eu affaire à des groupes de nouveaux arrivés, immigrés turcs et marocains. On n'a pas trouvé nécessaire de les déranger avec les articles de notre Constitution, constate l'écrivain. Dans une société où règne le relativisme des valeurs, toutes les cultures sont équivalentes. Une pensée amère, estime Sanders, puisque cela voudrait dire que tous les émigrés ont fait leur voyage pour rien... »

Wineke de Boer, Le Courrier International, 21 décembre 2007

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