DE LA GAUCHE DES MASSES À LA GAUCHE DES MARGES

Publié le par David L'Epée

« Avec Villiers-le-Bel, beaucoup découvrent ce qu’une tradition de gauche a longtemps enseigné, depuis Hugo, Marx et Jaurès : on peut être à la fois victime et criminel. La misère sociale produit aussi du négatif. Ce dilemme pénible, défi de tout projet progressiste, a été oublié en France. Sur la question du lumpenprolétariat, Marx a été abandonné pour Sartre et surtout pour Foucault, qui plaçait ses espoirs dans la marginalité criminelle de la "plèbe". Dans un fameux dialogue avec André Glucksmann, Michel Foucault expliquait qu’il fallait miser sur "les plus prêts à passer à l’action immédiate et armée" contre un prolétariat intoxiqué par la "morale dite universelle" que représentent "les idées bourgeoises concernant le juste et l’injuste, le vol, la propriété, le crime, le criminel". [...] Depuis deux décennies, les élites de gauche n’ont cessé de privilégier la marge contre le reste du peuple. »

 

Eric Conan, Marianne, 1er au 7 décembre 2007

Publié dans analyse

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