LA STRATÉGIE DE SARKOZY : LE RESPECT DES GROS

Publié le par David L'Epée

Todd.jpg« Tous les gouvernements, de droite comme de gauche, sont confrontés au même problème : la globalisation, le libre-échange, la pression sur les salaires due à l’émergence de pays comme la Chine ou l’Inde. Aucune politique ne peut réussir sans faire baisser cette pression par une dose de protection aux frontières de l’Europe. Pour y parvenir, il faudrait affronter l’Allemagne, qui s’y refuse. Or, l’Allemagne, c’est du gros. Et la logique du sarkozysme, c’est le respect des gros. [...]

 

En un sens, la France n’a pas de président. On a parlé d’hyperprésident parce qu’il étouffe son Premier ministre. C’est perdre de vue que la fonction d’un chef de l’Etat ne se réduit pas à un activisme tous azimuts. Il y a une dimension symbolique de l’Etat, de la nation, qu’il se doit d’incarner. [...] L’incapacité de Sarkozy à prendre en charge cette dimension présidentielle crée un sentiment d’insécurité. Sarkozy est anxiogène : c’est un homme de droite qui incarne davantage le désordre que l’ordre, ce qui est paradoxal, mais explique la multiplication des conflits. [...]

 

Même la politique étrangère de Sarkozy est coûteuse. Là encore, il flatte le fort, ou supposé tel, les Etats-Unis, et s’en prend aux faibles, comme la Russie, l’Iran ou le Tchad. Or, les ressources énergétiques nécessaires à l’économie française sont en Russie et en Iran. »

 

Emmanuel Todd, interviewé par Le Nouvel Observateur, du 22 au 28 novembre 2007

Publié dans Europe

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