IL FAUT LE LIRE POUR LE CROIRE...

Publié le par David L'Epée

Entre deux voyages au quatre coins du monde en classe affaires, l’essayiste Guy Sorman écrit. Sur son blog, hébergé par L’Hebdo (qui, comme la banque, ne prête qu’aux riches), il se laisse aller aux interprétations du monde les plus hasardeuses, plaquant sur tout sujet d’actualité une ligne idéologique dure qui est sa signature distinctive : libertarisme (celui des libertariens, pas des libertaires...), atlantisme poussé à l’extrême, ethnocentrisme (qui se manifeste notamment par un très fort sentiment anti-chinois), néo-colonialisme, cosmopolitisme, et sionisme décomplexé. Ce spécialiste de tout et n’importe quoi, sorte de BHL d’extrême droite, nous parle cette semaine de la grève qui s’est déclarée en France et pour laquelle, en bon avocat du patronnat, il n’a pas de mots assez durs. Mais jugez plutôt de la fantaisie de son argumentation – il faut le lire pour le croire...

 

manif03.JPG« Les jours de grève sont des jours perdus pour l’économie française : ils ne sont pas récupérables. La production en moins, les chiffres d’affaires en baisse ne sont jamais compensés. Toute grève réduit donc le taux de croissance. Les victimes en sont les salariés et plus encore les chômeurs dont les chances de trouver un emploi sont réduites d’autant. Ceci, qui relève de la science économique élémentaire, ne semble pas bien compris, ni par les grévistes ni par les non-grévistes. Cette raison économique explique la limitation du droit de grève dans la plupart des pays développés. En un temps de compétition mondiale où tout emploi privé est fragile, la grève est dangereuse ; en Allemagne, aux Etats-Unis, au Japon, les arrêts de travail sont symboliques, quelques heures, souvent dans le cadre d’une négociation. Chez nous, la grève garde un parfum plutôt révolutionnaire : elle est le moyen d’inverser le résultat des élections par des méthodes hors démocratie : une tradition française sans doute, archaïque. Pour l’économie, pour la démocratie, pour la liberté des usagers, il serait temps de trouver des formes de protestation moins nuisibles. Est-ce une vaine espérance ? Ne serait-il pas de l’intérêt des syndicats eux-mêmes de moderniser leur mode d’expression ? A s’en tenir à des méthodes du temps passé, ils se marginaliseront de plus en plus dans la société française. »

 

Toutes les sormaniaqueries y figurent : messianisme néo-impérialiste des pays dit « développés », haine de tout ce qui est français, historiquement enraciné (toujours associé à de l’archaïsme), éloge du modèle américain (le modèle japonais n’en étant qu’un avatar), recours idéologique constant à la Démocratie et à la Liberté, culpabilisation des syndicats, croyance inébranlable au fameux « sens de l’Histoire » contre lequel résister serait à la fois impossible et hérétique... On ne sera pas étonné, après cela, d’apprendre qu’en novembre de l’année passée, M. Sorman a poussé le bouchon jusqu’à publier sur son blog plusieurs hommages à l’occasion de la mort du tristement célèbre Milton Friedman !  A côté d’une telle débauche de cynisme et de mauvaise foi, le discours sarkozyen paraîtrait presque modéré...

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