LA "GAUCHE" SUISSE CONTRE LE PEUPLE SUISSE

Publié le par David L'Epée

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« Les partis de gauche suisses sont dirigés par des apparatchiks syndicaux, des avocats ou de hauts fonctionnaires tous grassement payés. Ce sont des propriétaires de villas qui s’identifient aux autres propriétaires de villas, et non à l’ouvrier ou à la vendeuse exploités. Les politiciens de gauche suisses sont de fervents adeptes de la course aux pots-de-vins. A quelques rarissimes exceptions près, ce sont des opportunistes engagés en politique parce qu’ils espèrent, par ce moyen, "se faire des relations", obtenir une place juteusement rémunérée, ou décrocher une subvention dont ils se mettront l’essentiel dans la poche. Leur prétention de représenter le peuple est une imposture, au même titre que la prétention similaire de l’Union Démocratique du Centre (UDC) et des autres partis.

 

Depuis une vingtaine d’années, la gauche suisse est complice de la politique néolibérale de démantèlement social. Chacune des étapes de ce démantèlement social a été entérinée par les partis de gauche. Les dirigeants des partis de gauche sont les premiers à mettre le couvercle sur la marmite des revendications de la base et les découragent systématiquement en les qualifiant d’irréalistes ou d’utopistes. On ne compte plus le nombre de fois où les partis de gauche ont refusé de soutenir un référendum lancé par des chômeurs, des invalides ou d’autres catégories sociales victimes de la politique néolibérale. Dans le même temps, les dirigeants des partis de gauche se donnent des airs de "résistants" face à cette politique néolibérale. Militer pour la gauche suisse n’a aucun sens, car les militants sont systématiquement trahis par les dirigeants des partis de gauche, toujours disposés à s’entendre avec les dirigeants des partis de droite sur le dos de leur propre base. Plus un politicien de gauche ou un apparatchik syndical est vendu à la droite et plus les médias locaux se montrent complaisants à son égard. Il sera dépeint comme quelqu’un de raisonnable, pragmatique, avec qui on peut discuter, tandis que ceux qui refusent de faire des concessions sur le dos des pauvres et des exploités sont dépeints comme des extrémistes. On rejette hypocritement sur eux la responsabilités des suppressions d’emplois, comme si ces suppressions n’étaient pas décidées par les spéculateurs internationaux dans le but d’accroître leur dividende.

 

Les dirigeants du Parti Socialiste Suisse se sont tellement éloignés du commun des citoyens qu’ils redoutent d’être identifiés au "parti des perdants". Ce serait mauvais pour leur précieuse image. Dans l’espoir de s’attirer les votes de "la classe moyenne", ils ont tourné le dos aux exploités et aux plus démunis, se discréditant ainsi à leurs yeux. Le Parti Socialiste Suisse n’apparaît plus que comme un club d’opportunistes vivant sur l’héritage social construit par les générations précédentes, mais courant désormais après la droite néolibérale et se donnant pour modèle un Anthony Blair. »

 

Frank Brunner (Genève), Agoravox, 25 octobre 2007

 

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