« LA LIBERTÉ OPPRIME, LA LOI LIBÈRE »

Publié le par David L'Epée

Ziegler.jpg« Qui dit massacre dit guerre. Et qui dit guerre dit ennemi. Un ennemi que Jean Ziegler désigne : le libéralisme débridé et, au-delà, toutes les institutions qui le servent, du gouvernement américain à l’Organisation Mondiale du Commerce, en passant par la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International. Le sociologue assure ne pas être un doctrinaire et déclaire volontiers que le libéralisme a fait beaucoup pour la croissance de l’économie dans les années qui ont suivi la chute du Mur. Mais, nuance-t-il aussitôt, il a abouti rapidement au règne sans partage de quelques centaines de multinationales, soit à ce qu’il appelle une "reféodalisation du monde" qui plombe tout espoir de partage équitable des richesses. La guerre est déclarée.

 

De longue date, "les Etats-Unis ont voté systématiquement contre moi, contre la création de mon poste, contre ma nomination, contre le renouvellement de mon mandat et contre mes propositions, commente le Genevois. Ils s’opposent à l’idée même de droits économiques et sociaux reconnus aujourd’hui par l’ONU. En toute bonne foi : pour eux, seul un marché complètement libéralisé peut résorber la faim. Mais je ne peux que constater qu’avec ce système, la pyramie des martyrs grandit sans cesse : 2,2 milliards d’êtres humains vivent en ce moment sous le seuil de pauvreté." Pour Jean Ziegler comme pour un auteur célèbre, "entre le faible et le fort, c’est la liberté qui opprime et c’est la loi qui libère".

 

Etienne Dubuis, "Jean Ziegler et la faim du monde", Le Temps, 25 octobre 2007

 

au sujet de Jean Ziegler :   Jean  Ziegler  Part  à  Cuba

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