L’IDÉOLOGIE DU MARCHÉ EST ENTRÉE DANS L’ECOLE

Publié le par David L'Epée

rentr--e-sans-marques.jpg« Toute démocratisation [de l’école] ne conduit pas à la baisse du niveau scolaire. L’école de la IIIe République, avec toutes ses tares, a plutôt assez bien réussi la démocratisation de l’école primaire parce qu’elle avait un véritable projet : celui de faire de l’école un lieu d’apprentissage de la citoyenneté, voire de la nation. [...] L’école a perdu ce projet en se livrant au pouvoir économique.

 

Son malaise actuel est le symptome de l’intégrisme économique. Les solutions avancées pour faire face à la crise ne peuvent que la détourner de sa mission première : former des citoyens. Mission toujours légitime au regard des textes officiels, mais totalement oubliée. Elle n’est plus une machine à faire des adultes ou de la chair à canon mais des forçats du travail et de la consommation. Face à la crise des repères de sens et à la perte de crédibilité des rituels scolaires ouvertement moqués par la publicité, l’éducation nationale invente des réponses managériales pour compenser l’absence de véritable projet éducatif permettant de faire des jeunes des citoyens en devenir. [...] [Le] but est de diminuer l’apprentissage des savoirs et des savoir-faire (jugés inutiles car trop vite obsolètes) et de développer le savoir-être : la capacité d’allégeance au modèle économique dominant. Cette école vouée à l’économie est celle d’un double échec programmé. Echec par rapport au marché du travail puisque l’économie mondiale n’aura bientôt plus besoin que de 20% environ des humains comme main d’oeuvre. [...] Echec des forçats de la consommation, puisque notre société fondée sur le toujours plus n’est tout simplement pas tenable. »

 

Paul Ariès, "Faut-il encore brûler l’école ? ", La Décroissance, septembre 2007

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