DE LA DEMOCRATIE A LA PLOUTOCRATIE

Publié le par David L'Epée

« Une brêche s’est ouverte ces dernières années, notamment depuis que, constatant le risque d’échec, les patrons de l’économie avaient fini par accepter de descendre dans la rue pour apporter leur soutien à l’EEE [Espace Economique Européen] en 1992. Le geste s’était révélé insuffisant mais il avait éveillé la curiosité de tous sur le financement de la politique. Cela ne s’est jamais concrétisé par une réelle volonté de transparence, car les bras financiers ont toujours exigé l’anonymat. On sait qu’economisuisse, l’Union des Arts et Métiers, les grandes banques, d’autres encore, donnent de l’argent aux partis, même parfois au PS. [...] En raison du déséquilibre auquel on assiste aujourd’hui, déséquilibre en faveur de l’UDC et de son patron désormais au Conseil fédéral, la situation est devenue préoccupante. A part la gauche, personne ne bouge. Les partis de droite se tiennent les coudes, l’omerta est totale. »

 

Bernard Wuthrich, éditorialiste, Mettre fin à l’omerta, Le Temps, 27 septembre 2007

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« Le budget de l’UDC ne pose pas un problème de transparence, mais plutôt d’égalité des chances. On sait que l’UDC a dans ses rangs des multimillionnaires qui peuvent injecter beaucoup d’argent dans la campagne. [NDLR : la campagne de l’UDC pour les élections nationales aurait déjà dépassé les 15 millions] [...] Avec un minimum d’intuition, les électeurs peuvent imaginer que les partis du centre droit sont financés par des entreprises ou des banques, car cela correspond aux intérêts de ces dernières. [...]

 

Lorsqu’un parti ou un candidat dispose de fonds propres considérables qui lui permettent d’écraser ses concurrents, cela pose un vrai problème. Celui qui ne dispose pas d’autant d’argent a le choix entre deux solutions : soit il accepte de rester en retrait, soit il cherche par tous les moyens à disposer d’autant d’argent. Et là, les dérapages et risques de corruption existent. [...] Je suis convaincu que la limitation des dépenses et l’encadrement de certaines formes de propagande électorale sont la condition indispensable pour commencer à discuter de transparence. Poser une limite permet de libérer les responsables politiques de l’angoisse de se procurer un maximum d’argent pour se faire un maximum de propagande sous prétexte que les autres concurrents font la même chose. Cette spirale perverse doit être brisée. »

 

Tiziano Balmelli, constitutionnaliste, Le Temps, 27 septembre 2007

Publié dans Suisse

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