BLOCHER, EMBLÈME DE L’ANTI-SUISSE

Publié le par David L'Epée

blocher01.jpg

  

L’historien Gérard Delaloye est l’auteur d’un livre au titre très provocateur : Aux Sources de l’Esprit Suisse : de Rousseau à Blocher. Dans une tribune que lui a accordé Le Temps, il attire notre attention sur les méthodes politiques de Christophe Blocher et montre en quoi ces méthodes, mélange d’anarchie affairiste et de violations constantes des coutumes fédérales, s’inscrivent en portafaux par rapport aux traditions politiques suisses. De la part de quelqu’un qui se présente comme patriote et conservateur, il y a comme une incohérence. Mais l’UDC, avec son nationalisme de façade et son ultralibéralisme de fait, n’en est pas à sa première contradiction.

 

« Depuis qu’il est entré en politique, Christophe Blocher n’a pas caché sa volonté de casser ce consensus [le consensus helvétique] et de s’approprier le pouvoir, tout le pouvoir. Il est parvenu, avec une habileté consommée, à refonder le vieux parti agrarien en parti populiste dénué de morale politique, à en faire une machine électorale. Comme tous les politiciens autoritaires, il a su s’entourer de quelques lieutenants qui lui doivent tout et repercutent urbi et orbi la parole du chef. A force de les entendre sur tous les tons dans tous les médias, une chose frappe, c’est leur irrespect fondamental de l’adversaire, leur refus d’accepter les règles du jeu démocratique. [...]

 

Calqué sur la logique entrepreneuriale, la logique politique blochérienne exige une croissance continue, tout recul étant vécu comme un signe avant-coureur d’une défaite à venir. [...] Christophe Blocher se révèle de jour en jour le vrai parangon de l’anti-Suisse. Son manque de scrupules, son intime conviction d’avoir raison seul contre tous, sont de plus en plus inquiétants. On a pu penser que, vu son âge, il ferait un petit tour au Conseil fédéral et s’en irait. Erreur ! Cet homme à l’appétit de pouvoir démesuré ne s’en ira pas de son plein gré. N’oublions pas que le maréchal Pétain, arrivé au pouvoir à 84 ans, l’a conservé pendant cinq ans ! »

 

Gérard Delaloye, « Un conseiller fédéral aux antipodes de la tradition suisse », in. Le Temps, 20 septembre 2007

Publié dans Suisse

Commenter cet article