LA « SOCIÉTÉ DE L’AVAL » : LA JEUNESSE JAPONAISE TENTE D’ECHAPPER AU CAPITALISME

Publié le par David L'Epée

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Cet article d’un quotidien tokyoïte nous apprend que malgré les efforts concertés des Koyzumi et Abe pour amener dans la nation japonaise plus d’américanophilie et plus de libéralisme, la jeunesse de l’Empire est attachée à des valeurs biens différentes.

 

« Selon l’enquête sur les milieux aisés que j’ai réalisée en 2006, les individus âgés de 50 à 69 ans aspirent à habiter dans une grande maison ou à acheter une Mercedes. Ils manifestent ainsi leurs appétits matériels. Les jeunes âgés de 30 à 39 ans, eux, ne manifestent pas de telles envies. Nombre d’entre eux ne possèdent pas de voiture, et leur système de valeur fait que la bicyclette est plus branchée que la voiture. Ils considèrent que les signes extérieurs de richesse sont ringards. Ils portent un simple jean et un t-shirt ou des vêtements d’occasion plutôt que de grandes marques. [...] Pour les jeunes d’aujourd’hui, disposer du temps est un luxe suprême. Ils ont le sentiment que la vraie richesse est de pouvoir utiliser librement son temps. [...] Les salariés de la classe moyenne ont la sécurité mais pas la liberté. Ils ont la stabilité mais ne peuvent disposer librement de leur temps. Voilà pourquoi la classe moyenne ne présente aucun attrait pour les jeunes, qui lui préfèrent encore la société de l’aval. »

 

Atsuki Miura, directeur de l’institut Culture Studies, Aera, Tokyo, septembre 2007

Publié dans Asie

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